Etudiants, cheminots, fonctionnaires, retraités… 50 ans après Mai 68, de nombreux segments de la société se mobilisent contre les réformes du gouvernement.

Cette année, les traditionnelles manifestations du 1er mai ont rassemblé 143 500 personnes, selon les autorités. A peine plus qu’en 2017 (142 000). De cet évènement, on ne retiendra que la désunion syndicale et, surtout, les dégradations commises par les membres du « black bloc », ces militants, cagoulés et vêtus de noir, qui utilisent la violence pour faire entendre leurs revendications.

Quelques jours plus tard, le 5 mai, environ 40 000 personnes ont participé à la « fête à Macron », selon un comptage indépendant. A Paris, les manifestants ont répondu à l’appel de François Ruffin, député de la France Insoumise (LFI).

En comparaison, la grande manifestation du 13 mai 1968 avait réuni entre 500 000 et 1 million de personnes. C’est que, à l’époque, la « période étudiante » avait été suivie d’une « période sociale », au cours de laquelle les ouvriers avaient rejoint les étudiants mobilisés.

Pas de « coagulation des mécontentements »

Dans son interview à BFMTV/RMC et à Mediapart, le président de la République, Emmanuel Macron, a estimé qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de « coagulation des mécontentements ». Les mobilisations restent sectorielles. Elles coexistent sans vraiment se rencontrer et sans obtenir, pour le moment, de résultats. Car le président et le gouvernement sont déterminés à aller « au bout des réformes ».

Reçus par le Premier ministre, Edouard Philippe, le 7 mai, les syndicats de la SNCF n’ont ainsi rien obtenu d’autre qu’un prochain rendez-vous et l’assurance que le gouvernement ne reviendrait pas sur l’ouverture à la concurrence ou la fin du recrutement au statut de cheminot. Ils ont tous annoncé leur volonté de poursuivre la « grève perlée », entamée début avril.

Si, en 1968, les étudiants et les ouvriers mobilisés revendiquaient de nouveaux droits – qu’ils ont, en partie, obtenus avec les accords de Grenelle -, les manifestants de 2018 se contentent (pour l’instant) de défendre leurs acquis : le statut pour les cheminots, la rémunération indiciaire pour les fonctionnaires ou le libre accès à l’université pour les étudiants.

D’autres événements sont prévus pour les semaines à venir : le 22 mai, les fonctionnaires sont appelés à se mobiliser, avant les retraités, le 14 juin. Une journée de manifestation commune, voulue par les syndicats et certains partis de gauche (LFI, NPA ou PCF), est également prévue le 26 mai. La mobilisation du printemps 2018 ne fait donc, en réalité, que commencer.