1. Qui es-tu ? D’où tu viens ?

Je m’appelle Alex N’Gango, alias Aleks Kuzz. Je suis membre fondateur de l’association K’sbarack Protagomix Crew créée en 1999 à Dijon. Nous militons pour l’expansion et la promotion des cultures urbaines sur la région Bourgogne-Franche Comté. Nous nous sommes spécialisés dans l’organisation de manifestations culturelles : forums-rencontres, festivals, débats, expos… 

Par ailleurs je suis Dj et beat maker à mon compte. J’ai collaboré avec plusieurs rappeurs de la région, de l’hexagone et parfois même internationaux. Au début j’ai beaucoup mixé pour des battle de break dance. 

J’ai été à l’initiative du projet « Dijon viens dans ma ville » qui réunissait plusieurs artistes urbains dijonnais et parisiens. Ce fut le premier clip dijonnais à faire le buzz sur la toile, c’était en 2011.

2. D’où vient ton engagement ?

Fils d’un saxophoniste amateur et d’une bonne vivante, j’ai toujours baigné dans un univers musical riche et entrainant. Les repas familiaux ont été mes premières scènes, où avec ma cousine qui chantait, nous animions le bal de la soirée. 

3. Quel est ton rapport avec les cultures urbaines et plus généralement avec la musique ?

Je me souviens lorsque j’étais petit, nous avions une platine vinyle. Mon père adorait partager des moments d’écoute avec ma sœur et moi, spécialement de la soul et du funk. Cadet de la fratrie, j’avais le privilège de manier les vinyles : une fois la face A terminée, je me précipitais sur le disque pour enclencher la face B. Je crois que c’est de ces instants-là qu’est né mon rapport à la musique: un savoureux mélange d’éveils des sens.

Le rap a été une évidence quand j’ai découvert la magie du « Crew ». A 12 ans, à Nanterre, j’ai eu mon premier groupe dans lequel je me suis fait une place de rappeur et de beat maker. 

Plus tard, au lycée, j’ai été animateur radio. Nous faisions découvrir les nouveaux titres encore non diffusés sur les ondes et spécialement du R’nb. Les mixtape (on se souvient de la cassette !) obtenues dans le réseau nous permettaient de donner accès à tout un pan de la culture musicale (rap, r’nb) et d’offrir principalement de l’inédit à nos auditeurs. 

4. Que penses-tu de l’évolution musicale du rap français ? Es-ce positif ou négatif ou les deux ?

D’après moi, ce processus de promotion des artistes était prévisible. Avec l’avènement du numérique, rien ne pouvait conserver notre rapport au temps. L’engouement des auditeurs se manifeste différemment aujourd’hui.

On « like », on « follow « , mais le plaisir de l’ascension, de l’attente et du suivi de l’artiste s’est vu amoindri; devancé par l’immédiateté qu’offre internet et les réseaux sociaux. Ce n’est ni bien ni mal, c’est un constat d’un progrès qui donne une autre facette du game, où parfois, la passion laisse la place au business.

On voit des rappeurs talentueux passer à côté du succès faute de codes de management. Il ne s’agit pas seulement d’être bon musicalement, il faut aussi savoir gérer la sphère virtuelle, et ce n’est pas forcément évident. 

5. Quelles sont tes prochaines actualités ?

  1. Prolonger mes interventions auprès des structures socio-éducatives, pour l’aspect transmission; 
  2. Continuer à la radio Diversité FM, pour le côté diffusion et information, 
  3. Finir l’enregistrement de l’album avec notre duo  saxo-beat maker Caffe Latte pour le plaisir de la création, 
  4. Et enfin aboutir à remonter le festival Afro-Dijon qui proposera des ateliers autour des cultures afro-antillaises, pour mon goût de l’organisation.