1. Pouvez-vous vous présenter ?

Originaire de Provence, j’ai eu la chance de voyager durant mon adolescence. Cela m’a ouvert les yeux sur d’autres réalités et forgé mon goût pour les échanges interculturels. J’ai un profil littéraire et pluridisciplinaire, mêlant l’histoire, les sciences politiques, la diplomatie, l’administration, la communication et les arts. C’est à partir de 2013 que je me suis engagé publiquement pour la francophonie. Le parrain de promotion de mon master 2 était nul autre qu’Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, ex-président de la République du Sénégal.

J’ai commencé à m’impliquer dans une association de jeunes francophones qui plaidait pour la diversité culturelle, linguistique et conceptuelle dans les organisations internationales, j’ai publié mon premier article sur la francophonie économique dans La Tribune et j’ai été coopté à la Conférence Olivaint, où je suis devenu responsable des débats francophones internationaux.

Depuis, je n’ai cessé de m’activer pour la francophonie. Après avoir vécu en Belgique et au Québec, enseigné en Haïti et tissé des liens forts avec certains pays africains, j’ai cofondé avec Marie-Astrid Berry en 2017 Francophonie sans frontières, l’ONG des francophones engagés. Notre idée était de créer une grande organisation de la société civile francophone, fondée sur le volontariat, l’amitié entre les peuples et l’éthique de la coopération. Nous voulions aussi de donner des responsabilités à tous les francophones désireux de s’engager, notamment les jeunes.

2. Pourquoi cette cause est importante pour vous ?

Elle est fondamentale à plus d’un titre. D’abord parce qu’elle contribue au dialogue des cultures qui est indispensable à la paix et à la fraternité. La langue française, cinquième langue mondiale, représente un puissant vecteur d’intercompréhension et de coopération, au service d’ambitions partagées : la paix, le développement durable, l’éducation, la démocratie et bien sûr la culture.

Ensuite, la francophonie s’inscrit dans le combat plus large pour la diversité linguistique et culturelle. Elle est un moyen de valoriser nos différences et, en même temps, ce qui nous relie. Au sein de notre société française, elle crée du lien social et permet de célébrer la diversité des cultures et des origines qui nous enrichit en nous ouvrant sur le monde. Les langues sont des marqueurs de civilisation et de puissants outils relationnels et créatifs. C’est notamment le cas de la langue d’Aimé Césaire, de Yanick Lahens et de Fatou Diome : elle s’est enrichie par les apports successifs de celles et de ceux qui l’ont parlée, enseignée, lue, apprise et aimée. Comme le dit Helène Carrère d’Encausse, « la francophonie est un choix du cœur » !

3. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez ?

L’un de mes anciens profs à l’École nationale d’administration publique du Québec, l’honorable Rémy Trudel, disait qu’il fallait toujours avoir au moins trois projets sur le feu. J’ai si bien suivi son conseil que j’ai décuplé ses attentes ! J’interviens en effet dans dans un grand nombre de projets, que je coordonne ou que je gère directement, comme un dialogue authentique, renouvelé et porteur de solutions sociales entre des spécialistes françaises dans différents domaines (santé, éducation, alimentation…) et leurs homologues canadiennes autochtones, un magnifique projet porté par France-Canada en partenariat avec Le Bondy Blog.

Que ce soit pour ce projet franco-canadien ou à travers Francophonie sans frontières (FSF), je suis heureux et fier de m’investir aux côtés de volontaires formidables, en France, au Québec, en Côte d’Ivoire et aux quatre coins de la planète ! FSF est le cadre de nombreuses actions, telles que l’organisation d’un colloque à Paris et d’une conférence à Dakar sur l’héritage politique, poétique, francophone et universaliste de Léopold Sédar Senghor. Ma volonté est que les jeunes générations s’emparent de son héritage et le perpétuent. Senghor est l’une des figures historiques que j’admire le plus, et l’un des personnages principaux d’un livre que j’ai écrit tout récemment.

En 2021, sur un plan collectif, je forme le vœu que nous sortions plus forts et solidaires de cette longue et pénible épreuve pandémique. Et sur un plan plus personnel, je souhaite trouver un meilleur équilibre entre mes responsabilités associatives et civiques d’un côté et la création notamment littéraire, à laquelle j’aspire. Il n’est pas toujours facile de concilier la gestion et la création. Je veux garder du temps, du souffle et de l’énergie pour imaginer, transmettre et créer. 

Interview faite dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie (13 au 21 mars 2021)