Je ne suis pas un homme facile, le premier film français netflix.

Ce film, j’en avais vaguement entendu parlé par des amis, le pitch me paraissait vu et revu : un homme de préférence misogyne se rend compte par un “heureux” hasard de la complexité de la vie des femmes. Très honnêtement ce synopsis ne me tentait pas du tout. Et puis en faisant quelques recherches, j’appris que ce tout premier film français Netflix était en réalité la suite d’un court-métrage sorti en 2010 et réalisé par Eléonore Pourriat – Majoritée Oprimée, qui à l’époque avait fait sensation. Dénonçant déjà le sexisme ordinaire de notre société, en transposant les rôles hommes-femmes dans un monde où les femmes sont les dominantes, on s’indigne alors du comportement des agresseuses, harceleuses, compagnes sur la majorité opprimée – à savoir les hommes. Sans se rendre compte que ces situations sont le quotidien de bon nombre de femmes dans notre société.

J’avais beaucoup apprécié ce court-métrage alors le voir en film d’une heure et demie pourquoi pas ? C’est là que je fus réellement surprise, on suit le parcours de Damien , un homme à femme. C’est un homme qui a conscience de faire partie de cette majorité qui opprime le reste de la société et suite à un accident les rôles vont changer. Il tombe alors dans un monde où Dieu est une femme, se sont les femmes qui gouvernent, reçoivent des prix d’excellence, sont les patrons et où à contrario les hommes ne font pas de longues études, restent s’occuper des enfants, font le ménage et n’ont pas beaucoup de perspective d’avenir.

Dis comme ça on pourrait avoir l’impression de tomber dans la caricature, mais la touche d’Eléonore Pourriat est bien présente, ce n’est ni une caricature ni une satire sociale. Il s’agit juste de la réalité transposée, on inverse les rôles. Et on est indignés. Voir une réalité transposée sur un autre genre devient presque insupportable à regarder. Comme par exemple cet adolescent qui avoue avoir été forcé par sa copine à pratiquer des actes sexuels non consenties, ou ces hommes voilés qu’on refuse de servir dans un café car ils sont voilés. Au-delà de ces exemples ce qui m’a réellement frappée c’est cette façon de montrer que l’espace public n’appartient pas aux femmes (dans le film aux hommes), les situations qu’elle représente démontre que la place n’est pas donnée aux femmes et que même si certaines se battent, l’égalité pour toutes et tous n’est pas pour demain.

Un dernier message se cache, je pense, dans le film, un message de tolérance. Peu importe votre genre, sexe, orientation sexuelle, il ne faut pas se laisser faire et aucune injonction n’est valable. Un film utile, drôle et parfois touchant porté par de superbes acteurs tels que Vincent Elbaz, Blanche Gardin, Marie-Sophie Ferdane, à retrouver sur Netflix depuis le 13 Avril.