NewVo fait le portrait : Akli Mellouli

1/ D’où vient ton engagement politique et citoyen ? 

Je suis né en Algérie, puis je suis arrivé à l’âge de 6 ans en France. Je suis arrivé en compagnie de ma mère et ma sœur, pour rejoindre mon père qui avait immigré dans l’hexagone. Ma culture d’origine et celle de mon pays d’accueil, m’ont permis d’apprendre beaucoup des choses sur le sens de la vie, notamment, un déterminisme pour l’égalité, la liberté et le goût des autres. Dans ce pays, je me suis toujours considéré comme un citoyen à part entière d’où un engagement très jeune dans l’action publique. Investie d’un sentiment de responsabilité, je me suis dit que je pouvais, moi aussi, apporter ma pierre à l’édifice et participer à la construction de la nation française.

Détenteur d’un diplômé des Hautes Etudes de pratique Sociale et d’un diplôme de coordonnateur des politiques de sécurité urbaine, mes activités professionnelles comme animateur de centre de loisir, directeur de centre social, directeur d’un office municipal et chef de projet politique de la ville, m’ont conforté dans dans l’idée de m’engager pour la jeunesse, la dignité et l’égalité sociale.

Je voulais tendre la main à nos jeunes et à la nation française comme elle l’avait fait pour moi et mes parents depuis mon enfance.

Je me suis donc engagé en politique et dans l’action syndicale. Rocardien convaincu et social-démocrate, les valeurs prônées par le Parti Socialiste m’ont convaincu d’y adhérer, afin de mener mon combat politique et porter mes convictions du vivre ensemble et de l’égalité des chances.

2/ Élu du département du Val de Marne (Île de France), peux-tu nous présenter ta ville de Bonneuil-sur-Marne, ce qu’elle représente pour toi, ses forces et faiblesses et les projets que tu souhaites réaliser ?

Je suis rentré en 2001 au conseil municipal de Bonneuil-sur-Marne en tant que conseiller municipal délégué à la démocratie locale et président du groupe des élus socialistes. En 2008, je deviens Maire adjoint de Bonneuil en charge de la culture et du tourisme et président du groupe socialiste. Depuis 2014, je suis Maire adjoint en charge de l’urbanisme des travaux et de la vie économique, président du groupe des élus socialistes. La ville de Bonneuil-sur-Marne compte près de 17.000 habitants. Il y a beaucoup des vielles familles avec une histoire commune, qui donne à notre ville un esprit villageois. Elle a plusieurs atouts dont sa jeunesse et sa mixité sociale, même si il existe plus de 30 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Un port dynamique qui est en perpétuel développement, des commerces et une rénovation urbaine qui fait d’elle une ville en France où il fait très bon vivre.

Cette ville représente ma vie, mon histoire, j’y ai grandi et fondé ma famille. J’œuvre aujourd’hui, avec modestie et humilité, en tant qu’élu à la préservation de sa dignité et de son épanouissement. Des projets sont en cours de développement, comme le prolongement de la RN406 jusqu’au port de Bonneuil, qui va favoriser davantage une croissance économique qui induira des créations d’emplois.

3/ Nous te savons proche des algériennes et algériens de France, quel rôle joues-tu dans cette communauté et quelles sont les attentes et demandes des algériens de France ?

La France et l’Algérie ont des intérêts communs. Par l’histoire commune, la proximité géographique et le nombre élevé des binationaux, les deux nations doivent construire des passerelles économiques, culturelles et sociales. Dans cette ligne, l’Espace Franco-Algérien que je préside joue le rôle de facilitateur pour une bonne compréhension des attentes et des enjeux des deux pays. Nous travaillons à une meilleure compréhension mutuelle pour donner confiance aux entrepreneurs, aux universitaires, aux millions de Français et Algériens désireux de coopérer.

C’est ici l’occasion de préciser qu’il y a deux aspects dans les relations Franco-algériennes.

En premier lieu, je souhaite évoquer la situation des algériens non français, donc résidents, qui attendent comme tous les étrangers vivants en France, qu’ils soient Mexicains, Japonais, Canadiens ou Congolais, de vivre dans un pays en paix, qui leur offre la sécurité, la justice et une clarification des lois surtout en matière de droit de séjour. Comment par exemple un étranger pourrait-il bien s’intégrer si à chaque gouvernements et/ou montée du FN, les lois sont changées pour les durcir ? Cette situation complique le travail de nos compatriotes dans les administrations avec des interprétations différentes des textes en fonction des préfectures.

En second lieu, j’aborderai le cas des Franco-Algériens. Ces binationaux sont avant tout français et la France est leur pays. Ils n’ont pas besoin de s’intégrer ou de porter un béret pour faire plaisir aux fondamentalistes de l’extrême droite. Leur Francitude est inhérente à la nationalité française qu’ils possèdent. Et comme chaque citoyen résidents ou de nationalité française, ils respectent les lois de la république et aspire à vivre dans la dignité et le respect comme tout un chacun. Ils attentent de l’Etat, de les associer d’avantage, les considérer non comme des citoyens à part mais véritablement comme des citoyens à part entière au cœur de cette République.

En effet, les franco-algériens, comme d’autres binationaux, ont beaucoup apporté pour bâtir cette nation. De par leur culture mixte, ils pourraient apporter des solutions à notre pays dans la lutte contre le terrorisme, notamment, par la connaissance qu’ils ont du vécu de la décennie noir en Algérie et du fait que les Algériens sont venus à bout militairement et politiquement de la barbarie des terroristes. Ces franco-algériens pourraient aussi aider nos entreprises françaises à se développer dans le Maghreb, l’Afrique sub-saharienne et le Moyen Orient si on leur faisait suffisamment confiance.

Nous devons faire émerger une nouvelle génération de dirigeants, en politique, dans les grands groupes, dans le journalisme, qui ressemble à la France telle qu’on la connaît actuellement. Les Franco-algériens, sont une facette très dynamique et engagée de la France d’aujourd’hui, quoi qu’en dise Finkielkraut, Zemmour, les Le Pen et autres sociologues et philosophes de la division que nous voyons sur nos chaines de télé et de radio.